morizès


![_DSC2927[1].JPG.jpg _DSC2927[1].JPG.jpg](data/images/_dsc2927-1--jpg-93be.jpg)



Les présentations qui vous sont faites du patrimoine de Morizès sont extraites du programme de la Nuit du Patrimoine, organisé à Morizès le 21 septembre 2002, en partenariat entre la Commune et l'association Renaissance des cités d'Europe.



Les 5 maisons de maître de morizès
le foyer rural, une architecture des années 50

église Saint maurice de morizès
Des palmiers dans le Sud-Ouest,
des palmiers à Morizès
Philippe Duhamel, association "Fous de palmiers"
...Ce végétal, le palmier, fait partie du patrimoine régional, au même titre que nos vieux clochers ou nos vieilles maisons qui gardent la mémoire du temps des anciennes générations.
Si les palmiers de Morizès sont plantés là, ce n'est pas par hazard. Si les palmiers, plantes exotiques, comme les cèdres du Liban ou de l'Atlas, les magnolias d'Asie, ou encore les séquoias d'Amérique, ont été introduits un jour dans notre douce région du Sud-Ouest dès la fin du XIX ème siècle, c'est que profitant du développement des voyages et des perspectives d'expansion économique à l'époque coloniale, des hommes ont cru au futur et sont allés chercher aux quatre coins du monde les plus beaux arbres qui pouvaient pousser dans notre région, pour les offrir aux générations futures. Ces arbres avaient été choisis en raison de leur beauté, de leur taille et de leur durée de vie exceptionnelles. L'accès direct à la mer par la Garonne, puis par l'estuaire de la Gironde, a favorisé leur importation. Les responsables forestiers soulignent toujours que, lorsqu'on plante un bel arbre, c'est pour faire plaisir surtout à nos enfants et à nos petits-enfants. Ainsi on peut se réjouir de la haute civilisation dont témoignent de vieux villages comme Morizès : mémoires anceinnes, traditions orales, dignités et avant tout ce merveilleux mélange d'obstination et de bienveillance inter-générations.
La mode voulait à la Belle Epoque en Aquitaine, qu'on plante un palmier, dès que naît un fils. C'état aussi pour commémorer le départ ou le retour d'un parent pour les colonies, le passage du Cap Horn pour un capitaine au long cours, comme d'usage sur les côtes bretonnes. L'âge et les hivers rudes des années 80 ont eu raison de beaucoup de palmier, mais jamais de l'espèce de palmier dit "Palmier de Chine". Ce type précis de palmier se complaît plus particulièrement dans le Sud-Ouest parce que le climat l'été y est à la fois chaud et humide. Par contre, il ne craint pas les grands gels exceptionnels, mais régulier entre - 12° en 2001 ou - 19° en 1985, ce qui explique que c'est le palmier qu'on rencontre dans tout le Sud-Ouest, du Cap Ferret à La Réole ou de Bergerac à Pau...
Le premier palmier de ce type fut planté en Aquitaine en 1859, il y a donc 143 ans (162 en 2021), au Jardin Botanic de Bordeaux, par le conservateur de l'époque, Durieu de Maisonneuve, qui participera avec d'autres savants à l'exploration scientifique de l'Algérie. C'était l'un des tout premiers palmiers plantés en France avec d'autres plantés à Brest et à Montpellier. Vous pouvez encore admirer sa fine silhouette de nos jours, il a survécu en effet aux hivers les plus rigoureux depuis cette date, parce que son origine géographique se situe précisément dans les montagnes enneigées de Chine centrale et du Japon. On l'appelle encore "palmier à chanvre" parce que son tronc (pour un palmier, on parle plutôt de stipe) est couvert, d'un épais crin, qui fut jadis très employé en France, pour rembourrer des matelas et fabriquer des sandales. Ce crin est utilisé en Chine pour la fabrication d'objets vestimentaires ou d'artisanat.
Philippe Queyron, botaniste de la vallée du Drot
La maison du docteur Thibaut est aussi connue comme la "maison Queyron".
Elle porte ce nom car elle a appartenu pendant une centaine d'année à la famille Queyron. C'est à la fin du XXème siècle que Philippe Queyron, né à Roquebrune en 1870, a épousé à Morizès, Marie Sarraute.
Le grand-père et le père de la mariée avaient été de riches propriétaires et des pionniers des manufactures tuilières de la basse vallée du Drot. Cette maison faisait partie du patrimoine de Marie Sarraute épouse Queyron et a été habitée dans une période récente, par un des deux fils du couple Jean Queyron.
La famille Queyron, d'une notoriété avérée, a été ou est encore présente dans le Réolais soit par des biens agricoles soit par des activités professionnelles, à Roquebrune, aux Esseintes aussi bien qu'à La Réole.
Pour la naturaliste que je suis, la personnalité de Philippe Queyron et son oeuvre scientifique méritent qu'on s'y arrête quelques instants.
Après des études sérieuses, il peut exercer autour de La Réole la profession de vétérinaire et occasionnellement de médecin.
D'un esprit curieux et observateur, il s'intéresse à la population locale de ceux qu'on appelait les "Gavaches" et rédige un mémoire très documenté.
La préhistoire l'attire et il devient le correspondant et ami de personnalités telles que le Dr Jude et l'abbé Breuil qui faisait mondialement autorité dans la discipline. Il les accompagne souvent et rassemble une collection de divers vestiges préhistoriques.
En botanique enfin il se fait connaître dès 1906 lors du Congrès des Sociétés Savantes par son "Catalogue des plantes vasculaires de la vallée du Drot". Cette publication n'a jamais été remplacée et les botanistes aquitains s'y référent encore.
Philippe Queyron est admis au sein de la Société Linéenne de Bordeaux, société de sciences naturelles toujours active actuellement. A ses collègues linnéens, il fait part de ses découvertes botaniques dans le Réolais dont la plus prestigieuse reste celle de la tulipe : tulipa Clusiana dans les vignes.
Il s'intéresse de façon toute particulière aux plantes arrivées fortuitement le long de la voie de chemin de fer ou sur les rives de la Garonne. Il conserce les spécimens les plus intéressants dans un herbier.
Aucun de ses deux fils n'a eu l'occasion de poursuivre l'oeuvre de Philippe Queyron mais depuis son décès en 1941 aux Esseintes, ses descendants ont respectueusement conservé les vestiges de son travail scientifique.
